A ceux qui me disent qu'étudiant c'est la belle vie, dites leur de ma part que mes week end etvacances commencent lorsque je pose le pied dans une pompe de sécu sur un quai à 1 degré. Car non, vos jus de fruits n'arrivent pas par magie dans vos supermarchés et leur température de conservation est tout aussi frigorifique pour eux que pour ceux qui les manipulent et vous les expédient.
Bref, rien que quatres plombes à entendre par intermittence la sonnerie la plus horrible que possède un réveil: celle des jours de travail; et la prolétariannité j'en ai déjà plein les Docks. C'est un peu comme la trotteuse de la pendule chez ma grand-mère; c'est lancinant et à terme ça pèse sur les nerfs. De plus ça lacère mes jeans autant que mes chairs, mais quelques entailles au cutter, à l'acide de batterie ou au transpal n'empécherons pas le Sunny Degueu de couler à flot lors des gôuters d'anniversaires d'enfants nés avec au moins un verre à remplir à défaut d'une cuillère en or dans le bec.
N'imaginez pas que je me plaigne, gémisse ou pleurniche; je sais bien qu'il n'y a pas trente-six mille façons de mettre l'argent du beurre dans les épinards. Bien au contraire, je crois bien que l'esthétique du sordide n'est accessible qu'après de grands efforts dont je suis fier, que le beau -à défaut du bon et du bien- jaillit plus fort lorsque la poésie est extraite du plus profond de la mine. Tout cela n'est pas si grave; je reste un roi de coeur même sapé comme l'as de pique.
Moi je, moi je, moi je...