Talkin' about world sadest thing

Talkin' about world sadest thing
J'aurais pu retourner la terre, pétrir la pâte, patauger dans le cambouis ou battre le fer, mais non... J'empile des cartons et m'envahissent les étagères le boucan des bahuts, les chicots qui claquent et ces aéroplanes qui même sans hélices s'élancent. Et tout celà depuis quatre berges hélas! c'est là qu'est l'us. Vivement les jours fériés mais bon, l'Assomption confirme la règle...

A ceux qui me disent qu'étudiant c'est la belle vie, dites leur de ma part que mes week end etvacances commencent lorsque je pose le pied dans une pompe de sécu sur un quai à 1 degré. Car non, vos jus de fruits n'arrivent pas par magie dans vos supermarchés et leur température de conservation est tout aussi frigorifique pour eux que pour ceux qui les manipulent et vous les expédient.

Bref, rien que quatres plombes à entendre par intermittence la sonnerie la plus horrible que possède un réveil: celle des jours de travail; et la prolétariannité j'en ai déjà plein les Docks. C'est un peu comme la trotteuse de la pendule chez ma grand-mère; c'est lancinant et à terme ça pèse sur les nerfs. De plus ça lacère mes jeans autant que mes chairs, mais quelques entailles au cutter, à l'acide de batterie ou au transpal n'empécherons pas le Sunny Degueu de couler à flot lors des gôuters d'anniversaires d'enfants nés avec au moins un verre à remplir à défaut d'une cuillère en or dans le bec.

N'imaginez pas que je me plaigne, gémisse ou pleurniche; je sais bien qu'il n'y a pas trente-six mille façons de mettre l'argent du beurre dans les épinards. Bien au contraire, je crois bien que l'esthétique du sordide n'est accessible qu'après de grands efforts dont je suis fier, que le beau -à défaut du bon et du bien- jaillit plus fort lorsque la poésie est extraite du plus profond de la mine. Tout cela n'est pas si grave; je reste un roi de coeur même sapé comme l'as de pique.

Ce qu'il est de plus triste au monde.
Moi je, moi je, moi je...

# Online seit Montag, 06. August, 2007 um 12:50

Geändert am Sonntag, 25. Mai, 2008 um 17:18

Docker Jeckyll

Docker Jeckyll

"Respect, rigueur, enthousiasme, performance... Nos valeurs sont dans l'action"

Voilà ce que nous assène un panneau géant, posé sur le quai réfrigéré où l'on traine nos lourdes pompes de sécu comme autant de boulets aux pieds. Où sont déchargés les camions de leurs éphémères cargaisons par d'éphémères travailleurs; où transitent aussi vite les denrées que les ouvriers intérimaires. La culture d'entreprise, mon cul ! le pot de vaseline du patronat, rien d'autre... Demander du "savoir-être" pour ne pas valoriser notre savoir-faire.

Ce n'est pas qu'on ne distingue leurs beaux discours sur l'ambition, c'est juste que, de là où l'on est, nos dents ne rayerons rien de plus que le béton du quai. Et il y est plus aisé de se les y casser que sur du parquet. Dont acte. Il m'est donné par mon savoir de regarder de haut tous ceux que j'aperçois d'ici, vu d'en bas. D'où l'on rationnalise, d'où l'on diminue les coûts du travail humain et tant pis si le coût humain du travail n'en devient que plus grand pour ceux qui auront à en payer le prix. Nous avons appris la docilité et, au fil du temps qui passe et de la volonté qui trépasse, à courber l'échine, baisser la tête puis ramper ventre à terre.

Car nous sommes bien gérés, bande de ressources humaines que nous sommes. Les managers, les responsables performance et qualité globale ont sû nous "responsabiliser" sans pour autant que tout celà débouche sur la conscience de chacun de l'exploitation dont il est la victime consentante. Quelle responsabilité individuelle peut-il y avoir sans marge de manoeuvre, sans même étre autorisé à prendre une décision autre que celle d'aller pointer ailleurs ou au chômedu? On nous apprend à nous vendre, mais jamais nous ne fixerons le tarif.

Nous responsabiliser pour qu'ils s'en lavent les mains: même l'exploitation de chacun par lui-même serait un moindre mal mais n'est qu'illusoire. Bordel, mais quand va-t-on se réveiller, se révolter, mordre la main qui nous jette les miettes de son festin? Au moins ça fera de la viande... Si la lutte des classes à disparu, j'en conviens, l'exploitation des uns par les autres n'est pas un souvenir; les classes, elles, se perpétuent d'autant que les inégalités augmentent. Seule la lutte est anihilée autant que notre fierté; le conflit s'est déplacé des burnes au urnes, des urnes aux oubliettes.

Alors choisi ton camp camarade. De l'aliénation de la servitude à celle du militantisme pour gratter une augmentation, il existe tout un champ des possibles, une aire d'action. L'espace d'entre deux contrainte, saisis ta liberté, camarade. Sache qu'on ne "prend" pas position, on l'a choisie pour nous; et tu sais bien ce qu'on dit de ton avis: c'est comme un trou du cul, chacun le sien... Quand les opinions débattent, les positions combattent. Si aujourd'hui, écrasés qu'ils furent, l'ère des damnés de la terre est révolue, que leurs cendres fûment; qu'à celà ne tienne. Notre génération de mangeurs de béton sera celle des damnés du bitume.

# Online seit Mittwoch, 01. August, 2007 um 11:44

Geändert am Montag, 15. Oktober, 2007 um 09:09

La seule cicatrice qui mérite un nom

La seule cicatrice qui mérite un nom
Pas plus qu'un autre je ne retournerais d'où je viens, mais où que j'aille j'en reviens toujours.

Et c'est bien ça qui me chagrine. Pas seulement sur les compléments de lieu. Tout le monde social. D'un point de vue professionnel par exemple: chez moi le problème n'est pas d'exceller, ni de savoir comment y arriver, mais bien de savoir en quoi. Le truc, c'est que jusqu'ici, marcher sur la tête des autres ne m'est jamais apparru insurmontable, mais l'odeur qui se dégage ensuite de sous mes semelles m'a souvent fait rebrousser chemin après quelques pas.

Bref. Alors si pendant mes tergiversations quelqu'un s'y colle, qu'il passe le Salam aux cartes d'identités, d'abonnements ou d'adhérents; aux looks, aux styles et aux idéaux qui prennent valeurs de définitions; aux praticants (d'une sorte de foi ou d'un genre de cul) ; à tous les adjectifs humains qui pullulent m'entourent et m'étranglent.

Tous ces qualificatifs qui deviennent noms propres lorsque des individus s'y accollent alors qu'ils devraient faire l'inverse. De la part d'un être sans épithète donc vous n'avez pas encore coupé les deux oreilles (pas même la queue).

L'utilité de cet article? Coller à mon pseudo. C'est dire si le problème est insoluble.

Si j'ai le temps, je vous raconterai une discussion que j'ai surprise hier soir entre un chat du bled et un chat des villes.

# Online seit Freitag, 29. Juni, 2007 um 10:17

Geändert am Montag, 15. Oktober, 2007 um 09:16

Firecat

Firecat
Il m'a été défendu, dans ma douce et tendre enfance, ne serait-ce que d'imaginer mettre le feu à un chat. Non par souci de protection de nos petites bètes à poil, mais plutot par sécurité. L'on m'a ainsi patiemment expliqué que son pelage est extrèmement inflammable, et que dans sa panique, un greffier aurait vite fait de propager l'incendie à tout ce qui l'entoure; alors que la plus élémentaire prudence devrait lui dicter de se consummer sans bouger, dans son coin; et par là même de le faire en silence, par politesse et souci de discrétion.

Je ne saurais vous décrire la tentation qui est alors née, qui s'est depuis lors dévelloppée et devra bien, un jour, se concrétiser, de faire exactement cet acte prohibé. N'y voyez aucune acrimonie envers les félins, je vous rétorquerais sans hésitation qu'il s'agit là tout simplement de la manifestation d'un esprit scientifique aiguisé me poussant sans cesse à vérifier, afin d'approuver ou désavouer, toute hypothèse qui m'est présentée comme vérité indépassable.

Ne soyez pas appeurés par cette confidence. Je ne suis pas plus cruel que le chat n'est pyromane...

# Online seit Sonntag, 29. April, 2007 um 08:52

Ouarzazate et mourir

Ouarzazate et mourir
Vivement les grands espaces, où même ma voix ne ferait pas écho. Ca changerait des quais de gare et des baffles du téléviseur. Là où je ne ferait pas tâche comme au milieu d'une belle déco, pour ne plus rien entendre sans avoir besoin d'écouteurs.

Je ne veux plus de nouvelles sans que j'en prenne ou qu'on m'en demande. N'exposez pas vos vies au vu et au su de tous, elles perturbent la mienne dès lors qu'elle me parviennent. Je suis bien assez grand pour aller trouver ceux et celles et ce que je cherche.

Une épaisse couche d'informations à retenir me restent en travers de la gorge, alors je racle. Je cache ma liberté, soit l'espace d'entre deux contraintes, et la crache à la gueule de ceux et celles et ce que les coups dont le quotidien nous bombarde ont attendri. A contrario, je ne suis pas un morceau de barbaque exposé sur l'étal à la boucherie au coin de ta rue. La vie est dure, peut-être, mais je ne suis pas souple non plus. Je le suis de moins en moins d'ailleurs. J'anticipe ma raideur, rien d'autre, et t'as le bonjour de mes ulcères.

Ce sont vos histoires que je remâche sans cesse et dont le goût persiste. Je régurgite parfois quelques attaques acides pour toute l'amertume que j'ai dû ravaler. Dans tous mes états éthyliques passés j'ai bu la tasse à la santé de ceux et celles et ce qui tour à tour m'auront présenté la corde, la cravate et la laisse pour me la passer au cou, et serrer, toujours plus. Au temps aussi, qui fait de même, et cette normalité virale qui font qu'on rentre à la maison comme on envoie un clébard à la niche.

Moi vouloir être chat, me frotter aux guètres de mes maitres juste pour la gamelle ou la caresse; pioncer tant et si bien que mon existence s'en résume à mes rèves. Rien d'autre.

# Online seit Freitag, 06. April, 2007 um 21:40

Geändert am Montag, 15. Oktober, 2007 um 09:16