Désolé ma puce pour ce titre, je vole tes idées... c'est parce qu'elles sont aussi adorables que toi
J'emmerde l'opinion publique, l'inconscient collectif ou les panels représentatifs. Appellons les comme nous voudrons, leur réalité n'est que pseudo-concrète. Je l'entend dire que moi, étudiant gréviste et "bloqueur", suis
manipulé par l'extrème-gauche...
Quelle conne!
Moi, manipulé? Non, je
suis d'extréme-gauche, tout simplement... Je suis porteur de
ses idées. Je porte
ces idées depuis que l'anarchie en tant que morale et le marxisme en tant qu'outil d'analyse ont rencontré chez moi des valeurs et l'héritage trans-générationnel d'une condition paysanne et ouvrière préexistant. J'en suis même le défenseur inconditionnel depuis que j'ai acquis la certitude de toucher là une certaine vérité (
je fait un effort pour ne pas mettre ce concept au singulier) sur la réalité.
Ajoutons à celà qu'elles ont également trouvé en moi un esprit critique et brillant, ça aide...
Seulement je suis tourmenté. Depuis que veulent me donner des leçons sur la formation sociale ceux qui la façonnent et en tirent profit. À savoir les détenteurs du Capital grâce à leurs relais, politiciens et économistes. Grâce à leurs relais, à savoir éducateurs nationaux et médias. Grâce à leurs relais -
l'histoire sans fin- à savoir le peuple, l'opinion publique, l'inconscient collectif, les panels représentatifs ; ou les individus qui les composent -
la fin de l'histoire.
Devant l'ampleur de la tâche, je désespère de l'émancipation des masses. Devant l'ampleur de la connerie humaine, je désespère de l'émancipation ne serait-ce que d'un seul individu. Mais je tiens à faire partager certaines choses à qui n'en aurait pas eu vent en lisant le programme de l'UMP, en regardant le 20h de TF1, en écoutant le cours de son prof de philo -
partis politiques, chaines médiatiques et matières scolaires peuvent être remplacées par un(e) autre...
Feuerbach eût un jour l'idée d'inverser le sujet et le prédicat dans l'hypothèse majeure d'une idéologie qui détermine et justifie à elle seule toute autre variable. "Dieu a crée l'Homme à son image", voici la vérité selon l'idéologie. Les hommes ont crée Dieu à leur image, nous touchons ici plus à la réalité des choses. Le reste des enseignements de la Bible ne résiste pas à ce basculement du "croire" au savoir.
Belle histoire me direz vous, mais de nos jours le catholicisme ne régit plus le monde -
comprendre "le nôtre"- donc les choses ne sont pas comparables. Certes. Les affirmations péremptoires de ce type -"cette réforme est nécéssaire"; "cette loi est bonne"; "tu ne tueras point"; "les juifs sont une race inférieure"; "les arabes sont des voleurs"; "les noirs sont des primitifs"; j'en passe et des meilleures- sont impossibles à contrer peu importe la pertinence des arguments, question de réthorique. Ceci dit, l'analogie entre l'Eglise et l'Etat; le Droit Divin et le Capital, le Cathéchisme et l'Ecole n'est pas totalement infondée...
Certes, l'idéologie religieuse catholique n'est plus maitresse de nos pensées ni de nos vies, ni des stuctures sociales dans lesquels nous évoluons. Mais nous vivons dans un monde que régit l'idéologie économique capitaliste, dont l'hypothèse majeure justifiant toute inégalité, toute contrainte et toute la structure sociale peut être ainsi formulée: "il faut bien que les riches existent pour donner du travail aux pauvres". Que nous dit Marx en applicant simplement la méthode feuerbachienne?
Il faut bien que les pauvres travaillent pour que les riches existent. Le Capital résulte de l'exploitation du Travail, donc l'accumulation des richesses par une poignée de capitalistes résulte de l'exploitation des efforts des travailleurs...
Je sent déjà poindre aux lèvres de l'opinion publique, de l'inconscient collectif, des panels représentatifs... bref, de l'idéologie donc de ses porteurs.... bref, je t'entend déjà, toi, me dire que le marxisme est un outil dépassé, surranné, qu'il n'est plus pertinent. Pourquoi viens-tu me dire ça? Moi je sais. Voici ce que j'en dit:
- Raoul Vilette ;
Le marché des mots, les mots du marché.- Michel Onfray ;
Traité d'athéologie.
- Pierre Bourdieu ;
Sur la télévision, l'emprise du journalisme.- Karl Marx ;
Le manifeste du Parti Communiste (car lire le Capital est un peu lourd...)
- Pier Kropotkine ;
La morale Anarchiste.
- Paul Ricoeur ;
L'idéologie et l'utopie.
- Alain Badiou ;
Peut-on penser la politique?- Karel Kosik ;
La dialectique du concret.Des ouvrages courts classés par ordre croissant de difficulté de lecture. Une base que tous devrions posséder avant de faire confiance à son libre-arbitre et ses idées, ses opinions. Ensuite, on pourra discuter. Cela demande juste un tout petit effort intellectuel dans notre univers d'assistés en tout genre dont les uns ne valent pas mieux que les autres. L'opinion se vautre dans l'idéologie dominante; elle devient contestataire en le comprenant; puis position révolutionnaire en la dépassant.
Les opinions débattent, les positions combattent.
Débattez vous, je vous combat...